jean-françois cabestan


© Sergio Grazia
Jean-François Cabestan, historien de l'architecture, enseigne à l'Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne.

À l'INHA, son séminaire «Habitat et patrimoine» et les séances qu'il organise hors les murs sont des moments de rencontre et de confrontation des savoirs, entre les étudiants et l'ensemble des protagonistes qui, de manière théorique ou pratique, interviennent sur la ville historique.

Architecte du patrimoine, il est co-fondateur de la société Attrapa, agence d'études historiques et patrimoniales (ATelier de TRAnsformation des PAtrimoines).

Depuis une dizaine d'années il tient pour la revue AMC Moniteur une chronique sur les opérations de reconversion qui marquent l'actualité architecturale contemporaine. Membre de la Commission du secteur sauvegardé du VIIe arrt, il est un habitué des débats patrimoniaux.

Contact: jfcabest@univ-paris1.fr

Notre-Dame, ses abords et l'île de la Cité

Journées d'étude des 7 et 8 juin 2021



Événement hybride en ligne sur inscription :



Programme (mise à jour du 28 mai)

Lundi 7 juin

Matinée : Repères historiques et état des lieux
président de séance : Daniele Campobenedetto Après-midi : Émergence d’un débat public et stratégies d’intervention
président de séance : Jean-Philippe Garric Tous les intervenants de la journée, rejoints par Christophe Amsler, architecte de la cathédrale de Lausanne, Jean-Michel Leniaud, historien, ancien directeur de l‘École des Chartes, Carlo Mambriani, historien, Università di Parma, Edoardo Piccoli, architecte et historien de l’architecture, Politecnico de Turin et Simon Texier, professeur à l’université de Picardie, secrétaire général de la Commission du Vieux Paris.


Mardi 8 juin

Matinée : Histoire récente, outils et réflexions sur le devenir de l’île
président de séance : Josep Maria Garcia Fuentes Après-midi : les abords de Notre-Dame et l’île en projets
président de séance : Jean-François Cabestan Tous les intervenants de la journée, rejoints par Paul Chemetov, architecte (sous réserve), Yves Contassot, ancien conseiller de Paris, Emmanuel Étienne, sous-directeur des monuments historiques et sites patrimoniaux (MCC) et Jean-Paul Philippon, architecte, membre de l’Académie d’Architecture.



© Oliver Gabe, School of Architecture of the University of Newcastle-upon-Tyne


Note d’intention

En un temps où la vocation et la signification de l’île de la Cité sont en passe de connaître un renouveau sans précédent - on pense à la « mission Île de la Cité », qui remonte à 2017 , mais aussi à la transformation de l’Hôtel-Dieu ainsi qu’à la remise en état du marché aux fleurs -, l’incendie, puis la stabilisation du chantier de Notre-Dame dans le seul giron de l’ancien service des Monuments historiques témoigne aujourd’hui d’un partage net entre deux actions : la restauration de la cathédrale sinistrée et le processus de reconfiguration de l’île, envisagé bien plus tôt. Sur ce point, la position de plusieurs ténors de l’architecture française en faveur de la restitution stricto sensu du dernier état connu de l’édifice avant l’incendie ne laisse pas de surprendre. L’intervention sur le monument relève-t-elle réellement d’une action préalable indépendante de la phase d’après ? Quelle cohérence urbaine et quel gain attendre d’une cathédrale reconstruite indépendamment du sort du parvis, des espaces publics, ainsi que des équipements-îlots progressivement vidés de leur substance, reconquis un à un au fil des circonstances et des jeux d’acteurs ?

Sans remonter très loin dans le temps, il apparaît que des réalisations majeures ont montré tout le bénéfice qu’on pouvait attendre de l’abandon de cette forme d’haussmannitude bien ancrée dans les esprits, et considère le monument sinon en dehors de son contexte, du moins à l’écart de tout principe d’interaction entre les deux. Si au centre Pompidou, Renzo Piano et Richard Rogers ont eu la chance de programmer l’un et l’autre en une formulation unique - le monument et son enchaînement de places, dont le parvis -, on peut se demander ce qu’il serait advenu si Ieoh Ming Pei avait été amené à composer l’équipement muséal que nous connaissons à partir d’un palais qui aurait été préalablement restauré. C’est pourtant ce qui est en passe de se produire à Notre-Dame, à plus grande échelle. Le supplément d’architecture et d’adaptation à des usages contemporains pourtant admis par les décideurs est cantonné à s’exprimer aux abords et finalement à l’écart du monument, selon un partage par ailleurs très inéquitable de la manne financière. C’est à l’échelle de l’île qu’il convient de situer la réflexion, et de son inscription dans un territoire qui n’est plus celui de l’ancienne capitale intra-muros.

Ces journées d'échange réuniront celles et ceux des historien(ne)s, chercheur(e)s, maîtres d’œuvre, paysagistes, représentant(e)s des instances patrimoniales, de la Ville et de l’État qui accepteront de se mettre autour de la table, ainsi qu’un public d’étudiants, d’amateurs et plus généralement, la société civile. D’intéressants foyers de réflexion sont apparus à l’étranger. En partenariat avec l’Université de Parme et la Sapienza (Rome), le Politecnico de Turin a mis sur pied un cycle de conférences « L’île de la Cité tra storia e progetto [entre histoire et projet] » dont l’ambition est de dresser un état des lieux de ce territoire en semi déshérence qu’est l’île dans ses stratifications actuelles, propre à inspirer les hypothèses de reconquête. Leurs instigateurs - Susanna Pasquali, Carlo Mambriani et Edoardo Piccoli, ont accepté d’en verser les acquis au pot commun et de prendre part à la journée d’étude parisienne. Architecte catalan invité à l’Université de Newcastle, Josep Maria Garcia Fuentes a eu l’intuition de diriger un studio de projet sur l’île de la Cité au cours de l’année 2019-2020. Il présentera une synthèse du rendu de ses étudiants, porteur d’une vision distanciée, actualisée et parfois décapante d’un possible devenir du site. C’est ainsi qu’un public italien et britannique est également attendu.


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